Annoter un PDF pour demander une correction : les règles qui évitent un deuxième aller-retour
Une correction mal demandée coûte un aller-retour de plus. Quelques règles simples font que le graphiste comprend du premier coup, et ne corrige que ce qu'on lui demande.
Une remarque par point
Quand on relit un document, on a envie de tout écrire d'un coup : « page 2, revoir le titre, le prix et la photo ». C'est une seule remarque qui porte trois demandes. Le graphiste en traite deux, oublie la troisième, et vous la redécouvrez à la version suivante.
Faites une remarque par point. Le titre d'un côté, le prix de l'autre, la photo à part. Chacune se vérifie, chacune se coche.
À l'endroit exact
« En haut à gauche », « vers le milieu », « le deuxième paragraphe » : chacun voit une zone différente, surtout sur une page chargée. Placez la remarque sur le mot, le chiffre ou l'image concernés. Si votre outil le permet, entourez ou sélectionnez le passage précis.
Sur un document de plusieurs pages, indiquez aussi la page quand elle n'apparaît pas d'elle-même. Un graphiste qui doit deviner où regarder perd plus de temps à chercher qu'à corriger.
Dire quoi mettre à la place
« Ça ne va pas » est un constat. Il n'aide personne à corriger. Dites ce que vous attendez.
- Mauvais : « Le numéro de téléphone est faux. »
- Bon : « Remplacer 04 00 00 00 00 par le numéro de l'accueil : 04 11 22 33 44. »
Même chose pour les images : « Remplacer par la photo de l'équipe fournie le 12 », plutôt que « pas terrible ». Si vous ne savez pas quoi mettre, dites-le franchement et proposez une piste : « Le visuel est trop sombre, essayez une version plus claire ».
Correction d'auteur ou correction d'erreur
Il y a deux sortes de corrections, et elles ne se traitent pas de la même façon.
La correction d'erreur : le graphiste s'est trompé. Une faute de frappe, un logo périmé, une marge qui ne respecte pas ce qui était convenu. C'est dans le périmètre du travail commandé.
La correction d'auteur : vous changez d'avis. Le texte était conforme à ce que vous aviez fourni, mais vous préférez autre chose. C'est une modification, et elle peut avoir un coût.
Nommez la nature de la remarque quand elle n'est pas évidente. Cela évite les discussions sur « à qui la faute » et protège la relation. Un graphiste qui sait qu'il s'agit d'une évolution la traite comme telle, sans se sentir accusé.
Ne pas valider sous réserve
« Validé, sous réserve de corriger la page 3 » est la formule la plus dangereuse d'un circuit de validation. Elle ressemble à une validation, et elle n'en est pas une. Le fichier peut partir en machine avant que la page 3 soit refaite, ou être refait sans que personne ne le relise.
Deux issues seulement : tout est bon et vous validez, ou quelque chose doit changer et vous demandez la correction. Dans le second cas, vous relirez la nouvelle version avant de valider. C'est un tour de plus, mais il porte sur un fichier que vous avez vu.
Relire une fois, tout annoté, avant d'envoyer
N'envoyez pas vos remarques au fur et à mesure. Parcourez d'abord le document en entier, une fois, sans rien envoyer. Posez vos remarques, puis relisez-les : certaines se contredisent, d'autres se règlent en même temps (un nom mal écrit sur trois pages se corrige d'un coup).
Envoyez ensuite une seule demande, complète. Le graphiste travaille sur un état stable, et vous évitez les « j'ai oublié un point » qui obligent à rouvrir le fichier.
Quand plusieurs personnes relisent
Le vrai risque n'est pas la faute de frappe. C'est le conflit entre relecteurs : l'un veut un titre plus court, l'autre plus explicite. Si les deux écrivent au graphiste, il choisit au hasard, ou il vous renvoie la question.
La règle est simple : une personne a le dernier mot, désignée avant l'envoi. Les autres relisent, commentent, proposent. Elle arbitre, retire ce qui se contredit, et envoie une demande unique. Pour organiser les relectures à plusieurs, voyez le guide mettre en place un circuit de validation.
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